Le Tchad, considéré comme l’incontournable allié de l’opération Barkhane au Sahel, vient de perdre son grand dictateur en chef, le feu Maréchal Déby suite à sa supposée implication dans un combat contre un groupe armé tchadien (FACT). Il a été aussitôt remplacé par un de ses fils, Mahamat Idriss Déby Itno (déjà général quatre étoiles à 37 ans !), aussitôt adoubé par le gouvernement Macron.
La situation au Sahel est marquée par deux événements d’actualité rappelant brutalement les difficultés colossales dans lesquelles baigne l’impérialisme français : d’un côté, au Mali où deux coups d’État se sont produits à neuf mois d’intervalle au nez et à la barbe des forces de l’opération Barkhane déployées sur place ; d’un autre côté, la mort subite (« au combat ») d’Idriss Déby, tyran tchadien dont le pays constitue le pilier principal du dispositif militaire français en Afrique.
La pandémie et le confinement ont considérablement accentué les tendances à l’œuvre au sein de la société : accroissement de l’atomisation des individus, exacerbation de la peur de l’autre, absence d’avenir et incapacité accrue à se projeter dans le futur.
Lors de nos deux dernières permanences en France, celles des 27 mars et 12 juin derniers, un des thèmes centraux portait sur la nature révolutionnaire du prolétariat.
Les dernières élections régionales en France ont vu un niveau d’abstention record à près de 70 % et même plus de 80 % dans certaines banlieues de grandes métropoles comme à Vaulx-en-Velin (Rhône) avec 88 % d’abstention, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou à Roubaix (Nord), etc. Un record depuis le début de la Ve République. Ce niveau d’abstention s’est d’ailleurs maintenu entre le premier et le deuxième tour, malgré les appels culpabilisants à plus de « responsabilité » de la part des électeurs.
Alors que le monde connaît un répit précaire et fragile du point de vue sanitaire, la bourgeoisie et ses médias aux ordres profitent de la situation pour mettre en place une vaste campagne idéologique visant à faire croire que la pandémie mondiale dans laquelle le monde est plongé depuis plus d’un an va permettre, en quelque sorte, au capitalisme de se régénérer.
Jusqu'à  présent,  les  Pays-Bas  étaient  un modèle  de  stabilité  politique. Mais la campagne actuelle contre Rutte (Premier ministre) et le fait que les populistes n'ont jamais obtenu autant de sièges que lors des dernières élections montrent que le contrôle échappe la bourgeoisie de plus en plus. Ses  difficultés  à  former un  nouveau  gouvernement stable, capable de faire face aux  tempêtes  actuelles  et  à  venir, expriment de manière  frappante  la tendance au « chacun pour soi ».
L’impuissance  du gouvernement De Croo à  gérer  efficacement  la pandémie est restée flagrante et a entraîné des milliers de décès, tristement superflus. La décomposition pullulante, dont la crise de Covid-19 n’est pas seulement une expression mais une accélérateur, en permanence attise le « chacun pour soi ». Les différents partis politiques travaillent les uns contre les autres de telle sorte que la bourgeoisie a de plus en plus de difficultés à contrôler son appareil politique.
Dans de récents articles1, nous avons démontré que le mouvement Black Lives Matter (BLM) se situe sur un terrain complètement bourgeois, concrétisé dans de vagues revendications comme “l’égalité des droits”, “un traitement équitable” ou certaines plus spécifiques comme “définancer la police”.

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