Au Royaume-Uni, un cri se propage d’écho en écho, de grève en grève, depuis le mois de juin : « Enough is enough ! » « Trop c’est trop ! » Ce mouvement massif, baptisé « L’été de la colère », est devenu l’automne de la colère, puis l’hiver de la colère. Cette vague de grèves au Royaume-Uni est le symbole de la combativité ouvrière qui se développe partout dans le monde.
Le vendredi 2 décembre avait lieu à Paris la première réunion en France du comité No war but the class war (NWCW).
Presque un an de guerre en Ukraine… La Russie est bel et bien enlisée, prise au piège. (1) Absorbé par l’engrenage du militarisme, face à une armée ukrainienne préparée à l’avance et à des puissances occidentales qui avaient anticipé, non le moment, mais les visées du Kremlin acculé, l’impérialisme russe aux abois s’est embarqué dans une aventure « spéciale » suicidaire. Il se retrouve aujourd’hui sonné et très affaibli par un conflit qui ne pouvait que l’entraîner sous les décombres.
L’attitude des communistes face à la guerre a toujours constitué une frontière de classe nette entre le camp du prolétariat et celui de la bourgeoisie. Face à la plongée sans commune mesure dans la barbarie guerrière, face au torrent ininterrompu de propagande nationaliste et aux mensonges éhontés du pacifisme bourgeois, les véritables révolutionnaires ne transigent pas avec les principes politiques du mouvement ouvrier, ils ne tergiversent pas avec la défense sans faille de l’internationalisme prolétarien.
L’accentuation considérable du chaos guerrier provoquée par la guerre en Ukraine, la pandémie de Covid 19 et ses millions de victimes, les catastrophes climatiques s’abattant avec une violence redoublée aux quatre coins de la planète, la crise économique, sans doute l’une des pires de l’histoire du capitalisme, faisant sombrer des pans entiers du prolétariat dans la précarité et la misère. Toutes ces manifestations de barbarie, de chaos et de misères démontrent l’impasse irrémédiable face à laquelle se trouve le capitalisme.
L’édition de la coupe du monde du football 2022, aussi « festive » soit-elle, exprime au plus haut point l’irrationalité et la pourriture du monde capitaliste.
Comme nous l’avons esquissé dans les précédents articles de cette série, la dégénérescence de l’IC ne resta pas sans réponse. Face à celle-ci, se dressèrent des Fractions de Gauche qui défendirent énergiquement les principes abandonnés par l'IC et, en même temps, essayèrent de répondre aux nouvelles questions posées par l’entrée du capitalisme dans sa phase de décadence. Ces groupes furent tous exclus et réprimés les uns après les autres, à mesure que la dégénérescence opportunisme gagnait les rangs de l’Internationale et que les partis communistes trahissaient le camp prolétarien.
Le précédent article de cette série a présenté les "communisateurs" et montré leur parenté avec un courant apparu à la fin des années 1960 que le CCI appelle : le modernisme. L’article a démontré l’origine bourgeoise de l’idéologie moderniste à travers la genèse et l’évolution de ce courant. Cette deuxième partie va se concentrer sur l’une de ses premières expressions, la tendance Bérard, qui s’est constituée en 1973 au sein du groupe Révolution internationale (RI), la future section du CCI en France.

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